9 choses apprises chez Toast en 4 ans

Il y a 4 ans, début 2013, je prenais une bière avec Alex, un gars à qui j’écrivais sur Twitter et qui habitait mon quartier. On est allé au seul bar du coin. J’étais un producteur de documentaires pigiste et lui tenait à bout de bras son agence qui avait très bonne réputation. On a parlé de notre vision de l’avenir du contenu et la direction que le marché allait prendre. Alex avait une anticipation du futur à laquelle j’ai tout de suite adhéré.

Le surlendemain, je rencontrais son partenaire d’affaires, Ian. On se questionnait sur l’avenir de la TV, le financement du contenu et le déclin du documentaire. Et la semaine suivante on retournait luncher pour poursuivre ces conversations. Il y en avait trop à dire. Y’a-t-il un espace bureau de libre chez vous? Oui. Ok alors je m’installe et on essaye de partir quelque chose. Un hybride entre agence et boîte de prod. Quelque chose qui ne semble pas exister ici, mais qui est en émergence aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

Quatre ans plus tard, trois gars dans un petit bureau pas de fenêtres avec des néons est devenu l’agence de contenu qu’on connaît aujourd’hui, un noyau de 25 employés, des centaines de créateurs à Montréal et Toronto, des milliers de contenus produits annuellement et un chiffre d’affaires qui rivalise avec les agences traditionnelles de notre industrie. Bref, Toast est maintenant un joueur majeur et innovant dans l’industrie du contenu au Canada.

Il y a quatre ans, le besoin dans le marché était évident, mais la marche à suivre un peu moins. Le contenu de marque a toujours existé. On n’a rien inventé. Mais l’installation des médias sociaux au coeur de nos vies a littéralement changé notre façon d’interagir et de converser avec les marques que l’on aime. Nous avons fait nos devoirs. En plus d’être reconnus comme les experts sur le sujet, nous sommes surtout des artisans, des pratiquants qui font le travail de terrain.

Parce que le contenu de marque, ce n’est pas un lourd PowerPoint de recommandations de 90 pages qui est vite tabletté. Ça se pratique en situation réelle, en produisant et en publiant chaque jour. C’est autant un art, de divertir, informer ou raconter des histoires, qu’une science, celle de bâtir une audience et atteindre ses KPI.

En 4 ans, nous avons fait des dizaines d’apprentissages-clés, voici quelques-uns des plus intéressants :

Une marque qui ne communique pas est une marque qui n’existe pas
Bâtir une audience est un investissement à long terme. Show up. Faites-le chaque jour.

PLUS >  Facebook, 2017 et la télévision

Sois ta propre compétition
Il y a présentement un compétiteur qui tente de vous mettre hors de votre business. D’ici 6 mois, il va prendre vos parts de marché. Soyez vous-même votre propre compétiteur et forcez votre entreprise à se réinventer.

Entre ce que vous êtes et votre vision de l’avenir, il y a un nécessaire passage à l’action
La résistance au changement est trop souvent interne. Ceux qui réussissent à briser cette résistance organisationnelle peuvent espérer atteindre leur grand objectif d’une marque connectée avec son audience.

Vaut mieux une idée folle qu’une idée plate.
Au-delà des premières idées, il y a cette idée folle qui mérite d’être entendue et considérée. Si vous aviez une baguette magique, à quoi ça ressemblerait?

Les gens s’en foutent un peu de votre contenu.
Trop de marques considèrent que de parler d’eux est la meilleure stratégie. Y’a rien de plus faux. Vraiment, les gens n’attendent pas votre prochaine campagne. Et si elle arrive dans le fil de nouvelles, vaut mieux qu’elle soit pertinente, car autrement c’est une nuisance.

Très peu de marques ont un plan de match en contenu.
Et ceux qui en ont un vont définitivement gagner la partie. Nous attendons toujours les innovations dans un tas d’industries. Le marché du contenu est encore jeune.

Les créatifs devraient prendre le transport en commun
On vit tous dans une bulle médiatique (filter bubble, dans le jargon). On parle de ce qu’on connaît et ce qu’on achète reflète nos valeurs. Un ou une créatif a le devoir de connaître et respecter son audience – car autrement, on va toujours se parler à soi-même.

Les règles changent chaque jour.
On ne contrôle pas les règles du jeu. Demain, l’algorithme de Facebook peut changer et bousiller vos plans. Dans ce contexte, vous devez toujours agir comme un hacker. Vous devez trouver la faille, l’outil, la stratégie pour vous immiscer là où les gens se trouvent.

N’importe qui peut produire une vidéo
Il y a des dizaines de petites boîtes de prods, de Val-d’Or à Longueuil, qui possèdent un drône, font des vidéos drôles et publient des images très cool de leur dernier voyage. Une vidéo n’est pas une stratégie. Ça ne sert à rien de produire un vidéo sans avoir un plan. Aujourd’hui, tout le monde a du talent et de la créativité. Les bonnes idées ne valent plus grand chose. Ce qui fait la différence, c’est l’expérience, l’expertise et l’équipe.